Posted by admin on fév 2, 2010 in
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Les sensations du tournoi sans les inconvénients de temps et de durée ? Les Sit and Go constituent le compromis parfait. Rapides, disponibles sur le Net à tout instant et à tous tarifs, ils connaissent un immense succès, dû précisément à la commodité du format. La clef de la réussite de ces tournois : survivre. Et devenir un expert de la gestion de la bulle.
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Les Sit and Go – couramment désignés par leur acronyme SNG – sont de petits tournois dont la plupart se jouent à une seule table et pendant lesquels les 2 ou 3 premiers remportent une fraction des sommes mises en jeu par tous les participants, fraction naturellement plus ou moins importante en fonction de la place. Bien qu’ils soient parfois disponibles en live, et notamment en marge des grands tournois internationaux, ils ont surtout fleuri sur Internet et se présentent sous diverses formes.
Ils peuvent comporter une, deux, voire quelquefois jusqu’à 3 tables. Mais nous ne nous intéresserons ici qu’aux SNG à une table, sachant que plus ils comportent de tables, plus ils se rapprochent d’un tournoi classique en termes de déroulement et de stratégie à adopter. La variable intéressante est ici le nombre de participants. On peut trouver des SNG d’une table à 6, 9 ou 10 joueurs. Pour les SNG à 6 joueurs, les deux premiers se partagent les mises de tous les inscrits (moins la contribution à l’organisateur, bien sûr…) dans un rapport qui tourne autour de 70/30%. Pour les SNG à 9 ou 10 joueurs, la répartition des gains est de l’ordre de 50, 30 et 20%, respectivement du premier au troisième.
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La première décision importante à prendre avant de s’asseoir est le choix de la table de SNG suivant la structure des blindes, et notamment la vitesse à laquelle elles augmentent. Au début, les blindes sont extrêmement faibles par rapport au tapis initial des joueurs (10/20 pour un tapis de départ de 1500). Les SNG classiques voient les blindes augmenter toutes les 10 minutes, ce qui laisse beaucoup de temps pour développer son jeu. Si vous préférez un jeu plus rapide et plus agressif dès le début, orientez-vous alors vers les SNG « turbo » voire « ultra-turbo », où les blindes augmentent respectivement toutes les 5 minutes et toutes les 2 minutes 30s.
Certaines structures font également apparaître des antes à partir d’un certain niveau (généralement quand les blindes atteignent 100/200). Même si ce type de structure se rapproche ainsi davantage des structures de tournois classiques, l’apparition des antes n’influe pas réellement sur l’issue de la partie puiqu’ils apparaissent assez tardivement dans la partie et que le temps de jeu avec est en général assez court.
Dans tous les cas, prenez votre temps avant de vous installer à une table. Les SNG n’ont pas d’heure de départ fixe, ils démarrent dès que le nombre de joueurs requis est atteint : leur succès comme leur flexibilité font que vous ne manquerez pas de SNG si vous jouez sur un site affichant une fréquentation raisonnable.
Bien commencer
Parlons d’abord du premier objectif d’un SNG : finir dans l’argent. Contrairement à un grand tournoi où seulement 10% des participants sont payés, et où il est nécessaire d’accumuler beaucoup de jetons pour être in the money et aller se battre pour les premières places, dans un SNG, 30% des participants sont payés et le tournoi dure beaucoup moins longtemps. Il est donc moins primordial d’accumuler beaucoup de jetons dès l’ouverture des hostilités – mais ne vous en privez surtout pas si vous le pouvez ! L’essentiel est de survivre.
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Outre la survie, l’autre avantage fondamental d’une stratégie très conservatrice en début de tournoi est la de projeter l’image d’un joueur serré, image que vous pourrez capitaliser ultérieurement, et qui vous permettra notamment de voler les blindes à un niveau du SNG où elles seront élevées (il ne sert à rien de les voler en début de partie quand elles sont encore négligeables). Il est d’autant plus bénéfique d’avoir cette image que vous resterez avec les mêmes joueurs jusqu’à la fin du tournoi. Dans un tournoi plus grand avec 50, 100, 500 joueurs ou plus, vous aurez sûrement au moins changé une fois de table quand les blindes deviendront significatives, et votre image de départ sera obsolète.
N’hésitez pas à voir quelques flops abordables avec des mains un peu plus marginales, mais n’oubliez pas que dans un premier temps, le plus important est de survivre et d’attendre prudemment que les bons « spots » se présentent, avant de passer aux choses sérieuses une fois que les blinds auront augmenté.
Gros tapis en début du tournoi ?
Dans le cas favorable où vous avez réussi à amasser un gros tapis dès le début du SNG, il vous faudra, pour tenir, éviter certains écueils. L’erreur la plus fréquente ? Devenir trop agressif. En effet, rien ne sert de risquer ses jetons à ce moment de la partie où la pression des blindes est très faible, pour vous comme pour vos adversaires d’ailleurs. Vous avez acquis un avantage qui ne se traduira effectivement que plus tard dans le SNG, quand les blindes seront plus conséquentes et que la bulle s’approchera. La meilleure chose à faire est de conserver une stratégie très conservatrice et de ne changer de vitesse qu’à l’approche de la bulle.
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Faire preuve d’une agressivité excessive est une erreur très répandue. Beaucoup de joueurs deviennent ultra agressifs ou trop looses quand ils participent à un SNG, et se sentent obligés de voler les blindes et les pots dès la première main. Ils créent alors de gros pots avec des mains marginales (ce qui n’est jamais recommandé, surtout quand les blindes sont encore faibles) et se font piéger par les joueurs plus avertis.
Evitez également dans cette situation d’engager trop de jetons sur des coin flip avec des mains comme AR, AD et des paires moyennes. Alors que les places payées sont encore loin, beaucoup de joueurs tentent de doubler leur tapis en sur-relançant all-in dès qu’ils ont une main décente. Si vous suivez, même avec 50% de chances de gagner le coup, vous ne profitez pas de l’effet dissuasif de vos jetons. Effet qui sera beaucoup plus efficace au fur et à mesure que les joueurs se feront éliminer, et qui dans tous les cas sera mieux mis à profit en relançant qu’en suivant. A ce moment du tournoi, ne vous engagez dans des gros pots que si vous avez un avantage clair sur votre adversaire.
Medium-short stack en milieu de tournoi
Si vous avez entre1000 et 1500 jetons (et que le tapis de départ était de 1500) après que quelques adversaires ont été éliminés, il y aura dans la plupart des cas un ou deux joueurs avec un gros tapis. Très souvent, ces joueurs, grisés par leur avance, deviennent trop agressifs et tentent de tyranniser la table. Ils ont tendance à relancer trop souvent, trop fort, et à suivre eux-mêmes de grosses relances avec des mains moyennes dans l’espoir d’en « éliminer un de plus ». Vous devez tirer avantage de leur propension à vouloir commander la table : essayez de doubler sur eux en jouant de manière agressive quand vous avez une bonne main.
Quand vous êtes médium à short stack en milieu de partie, de deux choses l’une : soit vous parvenez à augmenter votre tapis de sorte à ce qu’il atteigne à un niveau suffisant par rapport aux blindes*, auquel cas la meilleure stratégie est de vous replacer en mode survie en attendant qu’il ne reste qu’un ou deux joueurs à éliminer pour changer de style de nouveau ; soit votre tapis continue à se réduire comme peau de chagrin et dans ce cas, vous devez devenir de plus en plus agressif à mesure que le rapport entre votre tapis et les blindes diminue. Il vaut mieux tenter d’atteindre une fois la bulle avec un tapis décent que 2 fois avec un tapis ridicule, ce qui justifie la prise de risque supplémentaire en situation de short stack.
Passer la bulle
La bulle est le moment crucial des SNG. Si vous en jouez beaucoup, c’est le moment qui aura le plus d’impact sur vos résultats, et vous y serez confronté très souvent – il va sans dire beaucoup plus souvent que lors des longs tournois classiques.
Une fois parvenu à la bulle, il vous faudra faire preuve de courage et d’un sens aigu de l’observation. Vous devez identifier les joueurs trop serrés qui essaient d’arriver dans l’argent sans prendre de risques, et leur voler leurs blindes. Mais méfiez-vous des changements de style de vos adversaires. Les bons joueurs deviennent plus agressifs à ce moment-là, et si vous restez ancré à votre première analyse, qui les avait catalogués « joueurs serrés », vous vous ferez grignoter sans pouvoir réagir. Dans le même temps, des joueurs loose en début de tournoi peuvent se liquéfier face à la vision d’un gain si proche et ne plus oser mettre un jeton au milieu de la table. Sachez aussi les identifier, pour jouer prudemment face aux premiers et agressivement face aux seconds.
Soyez prudents face aux joueurs ayant un très gros tapis, et ne les attaquez pas trop avec des mains faibles car ils ont tendance à être plus loose. Ne relancez pas non plus avec une main faible un joueur qui a un tout petit tapis et qui est dans les blindes, car il n’aura pas d’autre choix que de suivre votre relance.
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Si votre tapis est faible, la stratégie la plus judicieuse est alors celle du all-in. Imaginons par exemple que les blindes sont de 100/200, et que votre tapis est de 1200. Vous décidez de relancer, et depuis le début du SNG, vous avez méthodiquement relancé à hauteur de trois fois la grosse blinde. Si vous relancez de 600 et qu’un adversaire vous sur-relance, il ne vous restera plus que 600 jetons si vous passez, ce qui est trop faible par rapport aux blindes. Ne donnez donc pas l’occasion à un joueur de vous mettre face à une décision difficile en vous relançant, avec l’espoir de vous voir coucher votre main : allez au tapis.
Même avec un stack plus confortable, le all-in peut s’avérer efficace pour annihiler la possibilité de bluff de vos adversaires, qui seront alors dans l’impossibilité de vous revenir dessus. En effet, certaines mains moyennes (A9, petites paires) sont des mains de défense qui peuvent justifier une sur-relance pré-flop de leur part quand les blindes sont importantes, sachant qu’il est toujours possible que le relanceur initial se couche. Cette fold equity disparaît face à un all-in.
Entre cash game et tournoi
Les SNG ont clairement le statut de tournoi : pas de rebuy autorisé, les blindes augmentent de façon régulière, et la stratégie à adopter est plus proche de celle des tournois classiques que du cash game. Ils sont d’ailleurs une excellente occasion de perfectionner votre tactique de tournoi. Les SNG permettent également de mettre à l’épreuve de nouvelles techniques, d’expérimenter des moves moins classiques et d’en voir les effets plus rapidement, car ils durent beaucoup moins longtemps, et il est possible d’en enchaîner plusieurs en peu de temps – voire en même temps sur le Net.
En revanche, en terme de résultats, les SNG se rapprochent plus du cash game et ils vous procureront des profits plus réguliers que les tournois avec beaucoup d’entrants. Avec ces derniers, il est plus difficile d’atteindre les places payées et vos résultats dépendront fortement des quelques tournois où vous toucherez une somme importante, ce qui peut être très long à venir. La fréquence des SNG auxquels vous participez peut être très élevée et, si votre stratégie est gagnante, la loi des grands nombres se matérialisera plus vite et plus facilement en profits réguliers, comme pour le cash game. Vous ne connaîtrez pas les longues périodes de disette qui peuvent accompagner les joueurs de tournois classiques. Le SNG, l’essayer, c’est l’adopter !
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Posted by admin on fév 2, 2010 in
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La spécialisation du poker suit son cours. Après les styles tight agressif (TAG) ou loose agressif (LAG), un nouveau style voit le jour : le small ball. Il s’agit d’une variante du style LAG qui consiste à avoir une fréquence d’attaque pré-flop et au flop très élevée. Mais, spécificité du genre : la hauteur des mises sera systématiquement petite… Le but : avoir souvent l’initiative, protéger son tapis et déboussoler ses adversaires, des plus passifs aux plus actifs.
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En principe, la théorie précède les exemples pratiques, mais dans le cas très particulier du small ball, une main commentée vaut mieux que de longs discours… Pour introduire le concept, j’ai choisi de l’illustrer à l’aide d’une main – fabriquée de toutes pièces ! –, typique du coup small ball qui se passe bien…
Les blindes sont de 2$/4$, les tapis effectifs sont de 400 $.
Nous sommes au cut-off avec Rc10k. Les premiers joueurs ont passé, nous relançons à 10 $. Notez au passage que la relance standard du small ball est de 2,5 fois la blinde. Seul le gros blind suit.
Il y a 22 $ au pot.
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Flop: Ap 8c 2k
Notre adversaire checke. Nous misons 12 $. Il paye encore.
Le principe de base du small balleur est de faire 100% de continuation bet. Le flop est néanmoins particulièrement favorable à l’attaquant car il contient un As que nous pouvons représenter. Notons la hauteur de la relance limitée, environ la moitié du pot, qui est caractéristique du style Small Ball.
Il y a 46 $ au pot.
Turn: Rt.
Check adverse. Nous misons cette fois 22 $.
Devant une défense passive, la première vraie décision arrive au turn. Ici, nous venons de toucher une bonne carte : le Roi. Nous détenons une grosse paire et c’est le très classique : « loin devant ou loin derrière ». En effet, si nous avons un meilleur jeu que notre adversaire, celui-ci a au mieux 5 outs pour nous battre (c’est-à-dire pour trouver deux paires), et inversement. Nous pourrions checker pour induire un bluff à la river, mais notre adversaire détient soit un mauvais As soit une paire moyenne (floppée ou en main), et dans les 2 cas il ne tentera pas le bluff du désespoir à la river car espérera le plus souvent remporter le coup à l’abattage. Si le flop avait contenu un tirage couleur, notre décision aurait été plus délicate. La mise de 22 $ est une sorte de blocking bet (en anticipation de l’action à la river) qui a l’avantage de
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1- Faire passer un mauvais As
2- Perdre le moins possible contre un gros jeu, car après cette mise nous ne mettrons plus le moindre jeton dans le coup.
3- Sembler menaçante et peut représenter une invitation à être payé avec une grosse main.
Il y a 90 $ au pot.
River : 2p
Notre adversaire checke, nous checkons également.
Nous remportons le coup face à 8p7p. Un value bet ici serait contraire au principe « petite main, petit pot ». Une mise à la river serait un bluff destiné à faire passer Ax, et il faudrait dans ce cas miser environ 75 $. Cet possibilité est à réserver aux experts qui ont une lecture très fine : « il a Ax, il va passer sur une mise conséquente ». Dans cet exemple, nous jouons standard : check pour encaisser contre une paire moyenne curieuse et précisément appâtée par la taille modérée des mises…
Le concept clé du Small Ball est de jouer beaucoup de petits coups dans lesquels nous allons privilégier la prise d’initiative et la position au détriment de la qualité de notre main de départ. En deux mots : on attaque plus petit mais on attaque plus souvent. Si nous faisons face à une défense passive, nous allons faire 100% de petits continuation bets au flop, d’une valeur de 50 à 60% de la hauteur du pot. Ce style de jeu nous permettra donc de jouer des coups développés où nous pourrons créer des espaces de jeu techniquement difficiles pour provoquer des fautes chez nos adversaires.
En générant autant d’action, nous allons provoquer trois types de réaction chez nos adversaires : certains vont s’en trouver « pacifiés » et cesseront de vraiment jouer, d’autres vont tilter en payant des grosses relances avec des mains faibles, les derniers (assez rares, heureusement !) feront les ajustements nécessaires pour contrer notre style de jeu. Bien entendu, face à des adversaires non observateurs, la bonne vielle méthode de jeu serré agressif se révèlera bien plus simple et largement suffisante pour assurer la victoire sur le long terme.
Les 7 règles d’or du Small Ball
Evidemment, pour optimiser l’impact du jeu small ball et le rendre pleinement efficace, il faut veiller à remplir certaines conditions.
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Règle numéro 1: le small ball est réservé aux joueurs expérimentés
Le style Small Ball permet de démultiplier la profitabilité sur les adversaires que nous dominons techniquement. Plus notre avantage technique est grand par rapport à nos adversaires, plus nous augmenterons notre taux de réussite en appliquant le style small ball.
Imaginez une partie ou vous arrivez à lire très précisément vos adversaires : il est clair que dans cette situation, jouer 100% des coups ne peut que s’avérer profitable !
Règle numéro 2 : le small ball se joue deep stack
Un des principes du jeu Small Ball est de provoquer des fautes chez nos adversaires. Nous les poussons à prendre plus de décisions au flop et au turn, mais nous devons également les pousser à commettre des erreurs plus coûteuses. La profondeur de tapis est indispensable pour que ce style de jeu ait du sens. Ceci s’explique plus simplement : quand on mise 20 $ avec une profondeur de 400 $, notre enchère est plus dissuasive qu’avec un tapis résiduel de 80 $ !
Règle numéro 3 : le small ball se joue avec la position
Pour compenser la qualité réduite de nos mains de départs, nous compensons par la prise d’initiative, un tapis important qui vient soutenir notre technique, et surtout par un avantage de position. Lorsque le coup n’est pas relancé, les techniciens qui jouent small ball ont une fréquence d’attaque au bouton et au cut-off ahurissante (de l’ordre de 80% !)
Règle numéro 4 : favoriser les mains à potentiel
At6c est-elle une main plus forte que 10kVk ? Oui, si nous sommes short stack et que nous jouons un coup à tapis avant le flop. En revanche, si nous avons de la profondeur et que le coup doit être développé derrière, au flop, au turn et à la river, la main connectée et assortie va globalement rapporter bien plus qu’un As mal kické.
Puisque le small ball se joue deep stack et avec la position, il est en effet logique de favoriser la « jouabilité » de la main post-flop par rapport à sa valeur brute et absolue pré-flop. Les mains connectées et assorties gagnent ainsi en valeur car elles procurent des opportunités de faire des semi-bluffs à tirage (quinte ou couleur) au flop ou au turn.
Règle numéro 5 : ne pas s’accrocher à la paire
Il faut savoir lâcher sa main ! Ce qui vous coûtera le plus cher si vous adoptez, dans certaines conditions, le style du Small Balleur, ce sont les paires. En effet, vous aurez rarement un bon kicker et un jeu final d’une paire avec sept cartes est rarement suffisant pour remporter un gros pot.
Si vous êtes relancé et que vous avez floppé une paire moyenne, voire la top paire mais avec un kicker médiocre, abandonner le coup contre la plupart de vos adversaires sera la meilleure ligne de jeu.
Règle numéro 6 : Savoir profiter du tilt de ses adversaires
Sur la durée, les joueurs finiront par être excédés par nos relances répétées et n’en plus supporter la pression. Quand leur point de rupture sera atteint, ils « craqueront » et céderont au tilt. Ce qui, concrèrtement, se traduira par une relance en bluff ou un call avec une main très faible. Il faut sentir le moment oùils atteignent ce point de rupture et calibrer nos mises et nos calls en fonction du moment.
Règle numéro 7 : ne pas se décourager !
Si vous perdez tous les coups en vous faisant relancer par des joueurs passifs alors que vous ne touchez pas une main, ne vous découragez pas! Si toutes les conditions sont réunies pour que le style fonctionne, vous devez continuer à asphyxier et éreinter vos adversaires par de petites relances.
Comme tout système au poker, l’efficacité du Small Ball est dépendante de la distribution des cartes : il ne faut pas se formaliser d’une mauvaise séquence…
Le small Ball en tournoi ?
Une fois de plus, commençons par un exemple… Je me souviens d’un coup joué par l’une de nos légendes vivantes européennes : Carlos Mortensen. Lors de l’EPT Grand Final de Monaco 2007, il se trouve à un moment opposé à un ami toulousain, qui joue un style vielle école. Les blindes sont de 300/600 avec 50 d’ante, le tapis de Mortensen est de 60K, la moyenne est de 25K. Il a une image très agressive et attaque pratiquement 30% des coups, ce qui est énorme sur une table de 10 joueurs.
Nous vivons le coup du côté de Mortensen, qui découvre Rc8k en premier de parole et relance à 1800. Il est callé par le joueur au bouton : mon ami toulousain, peut-être un peu trop tight passif, notamment sur ce coup. Celui-ci à un tapis raisonnable de 30K. Les blindes passent.
Il y a 4400 au pot.
Flop : Rp 7p 2t
Mortensen mise 3000, son adversaire suit.
Le flop est favorable, la mise de Mortensen est standard. Ce flop améliore nettement sa main, il vient de passer devant les petites paires et les paires moyennes qui n’ont pas trouvé le brelan, et il est peu probable que le défenseur détienne un Roi. Avec AR, il aurait probablement sur-relancé pré-flop. Je pense que face à une relance, Mortensen aurait analysé la situation, décrypté son adversaire et probablement passé en craignant brelan, une paire ou AR. Cette analyse prend naturellement en compte le style particulièrement solide de son opposant.
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Il y a 10.400 au pot.
Turn : 6k
Mortensen mise 6000, son adversaire suit encore.
La première décision vraiment importante. Là où le commun des joueurs serai tenté de checker pour contrôler la taille du pot, Mortensen continue son attaque dans un style small ball. Notons que le stack effectif est de 25K pour un pot de 10K. S’il mise plus cher, par exemple 10K, il ne restera que 15K pour un pot de 30K, ce qui induit un jeu simplifié à la river : on ne pourra plus commettre de grosses fautes. La mise de 6K conserve un tapis restant important, rentabilise la main si notre adversaire suit avec une paire intermédiaire et permet de ne pas être complètement impliqué dans le coup en maximisant l’importance des décisions futures.
River : 2c (22.400 au pot)
Mortensen mise 7000. Son adversaire paye et mucke une paire de Valets.
Il reste environ 20K à son adversaire et Mortensen effectue ici une sorte de « value blocking bet ». Il maximise ses chances d’être payé par une main plus faible et conserve de toutes façons 13K ce qui, au level 300/600, est suffisant pour espérer revenir dans le tournoi. Si son adversaire détient une main plus forte que la sienne et qu’il checke, celui-ci misera sans doute et la river lui coûtera quoi qu’il arrive quelques jetons à la sortie…
Les mises de Carlos Mortensen sont typiques du style small ball en tournoi. Dans ce coup, sa stratégie a été un succès total, aidée, il faut bien le dire, par la ligne très passive choisie par mon ami toulousain.
Les obstacles… et les parades
Si, lors d’une partie où vous pratiquez régulièrement le small ball, vous êtes fréquemment sur-relancé, alors vous devrez faire ce qu’on appelle du « 4bet light », c’est-à-dire reraiser vos adversaires avec des mains aussi peu légitimes que A8 ou R10. C’est nerveusement plus difficile mais c’est votre seule chance de pouvoir continuer à être respecté. Vous pouvez également faire du floating avec des mains à tirage lorsque vous êtes deep stack et que vous avez la position. Cette débauche d’agressivité fonctionnera mieux contre les joueurs serrés agressifs que vous avez de bonnes chances de faire passer sans aller jusqu’à l’abattage. Ce type de parties est très difficile à mener et concerne une fois de plus les meilleurs experts du jeu post-flop. Si vous n’avez pas les nerfs pour supporter une telle pression, je vous invite à éviter de jouer small ball sur les tables agressives… ou à changer de table !
Vous rencontrerez un second problème sur les tables très loose : il y aura fréquemment plus de 3 adversaires au flop. Dans ce cas, vous devrez modifier votre univers de mains d’attaque pour favoriser les mains à potentiel et cesser les attaques avec les As moyens non assortis par exemple.
Sur une table de short stackers (les joueurs qui posent entre 20 et 50 grosses blindes), inutile de tenter de jouer small ball. Evitez ces tablesoù le jeu pratiquése rapprochedavantaged’un jeu mathématique biaisé par l’avantage structurel que donnent les petits tapis qu’à du poker.
Pour résumer, si vous ne dominez pas vos adversaires techniquement, il vous reste 3 solutions :
- changer de table
- jouer un jeu serré agressif
- jouer small ball pour le challenge sportif (à réserver aux jeunes joueurs ambitieux !)
Enfin, si vous n’avez aucune chance de faire tilter vos adversaires (cela arrivera sur les tables où vos adversaires ne font pas de profiling), le plus simple sera de ne pas jouer un small ball créatif et de vous contenter d’assurer la victoire avec un style tight agressif de base.
Les premiers niveaux des tournois deep stack sont de bonnes opportunités d’exercer un small ball efficace. Ce n’est pas un hasard si cette méthode de jeu est plébiscitée par les tous meilleurs : Daniel Negreanu, Phil Hellmuth, Phil Ivey… En effet en tournoi, les coups relancés pré-flop sont fréquemment joués en heads up post-flop. Les champions de poker sont des as du jeu post-flop, et jouer small ball leur permet à la fois de multiplier les décisions sans trop mouiller leur tapis, et de rentabiliser au maximum leurs avantages techniques.
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